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Fermeture de la dernière librairie allemande à Paris

27.1.2020 Vu dans le franco-allemand 0 Commentaire
La précédente "Librairie allemande", rue Frédéric Sauton
La précédente "Librairie allemande", rue Frédéric Sauton

La seconde  „Librairie Allemande“ de Madame Iris Mönch Hahn, rue du Sommerard (après une première tentative de quelques années rue Frédéric Sauton)  était la dernière librairie indépendante, exclusivement dédiée à la vente de livres allemands en France. Elle  ferme définitivement en cette fin du mois de janvier.

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La dernière “Librairie Allemande”, deuxième tentative en petit format

Certes les perturbations de la chalandise durant ces deux derniers hivers n’ont pas arrangé les choses. La crise sociale – les manifestations et les grèves des transports - ont découragé une clientèle répartie sur l’ensemble de l’agglomération parisienne. La „Librairie Allemande“  a donc souffert bien plus qu’un librairie de quartier : chute de 60 % du chiffre d’affaire en décembre 2019 !

Une tendance de fond

Les diminutions conjuguées des achats en librairies traditionnelles – de quartier ou spécialisées – et du nombre de germanistes, donc des lecteurs en langue allemande, sont des phénomènes irréversibles qui condamnent la rentabilité de ce type de service, fût-il dans une surface restreinte et aux coûts de fonctionnement réduits.

Il fût un temps où l’on comptait jusqu’à quatre librairies spécialisées en langue allemande à Paris. Toutes ont fermé progressivement sur les deux dernières décennies. La „Librairie Allemande“ avait résisté parce que Madame Iris Mönch-Hahn (après une éclipse d’un an) maintenait ce lieu contre vents et marées, sans réels bénéfices et de manière bénévole. En son temps, la librairie Marissal, elle aussi, ne survivait qu’avec l’obstination d’un généreux mécène. Quant à la petite librairie allemande, qui survivait jusqu’en 2018, en haut de la butte montmartroise à l’écart des quartiers fréquentés, elle a fermé avec le départ en retraite de sa libraire, faute de repreneur.

Les Allemands de Paris et alentours ont d’autres habitudes d’achat ; beaucoup d’entre eux achètent sur Amazon et/ou en Allemagne (lors de leurs déplacements privés ou professionnels). Ils ne représentaient donc qu’une fraction marginale de la clientèle. C’est donc bien le recul croissant et définitif d’une clientèle française germanophone qui explique la fin de toute possibilité de maintenir ce type d’offre spécialisée.

Des signes inquiétants

Cette disparition - probablement définitive – d’une telle offre germanique sur une aire commerciale aussi gigantesque que l’agglomération parisienne illustre le paradoxe de la relation franco-allemande : au moment où les deux pays sont encore plus “interconnectés” au niveaux de leurs multiples fonctionnements politique, administratif, économique, associatif, etc., le fossé entre les deux sociétés se creuse inexorablement.

Ainsi, l’Allemagne redevient probablement quelque peu  étrangère au yeux de nombreux Français. Les heures euphoriques des nombreux jumelages franco-allemands sont passées, il n’existe plus toutes ce familles françaises de militaires stationnés de l’autre côté du Rhin, les échanges scolaires régressent avec le recul du nombre de germanistes du secondaire, les échanges Erasmus restent confinés dans leur marginalité élitiste et ne concernent pas la masse des jeunes, le tourisme français en Allemagne ne progresse pas vraiment (Berlin à elle seule absorbe la majorité des déplacements français en Allemagne hormis la circulation dominicale aux zones frontières de l’Est)…

A tous les niveaux, le nombre des contacts inter-individuels entre Français et Allemands au mieux stagne, au pire s’affaiblit régulièrement. S’il reste encore la masse des touristes Allemands dans les campings de bord de mer, en plus des résidents allemands en France, pour maintenir, à la marge, un contact quotidien possible, cela ne compense pas réalité du recul. Voici 35 ans, pour la célébration du début du jumelage entre les Villes de Cholet et d’Oldenburg, ainsi que durant les quelques années suivantes, les deux comités de jumelage affrétaient à chaque rencontre près de 60 autobus pour le déplacement des Français en Allemagne et des Allemands en France… L’an dernier ils n’ont pas réussi à remplir un seul bus ! C’est dire que quelque chose ne  tourne plus aussi rond qu’avant dans le franco-allemand.


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